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Découvrir la parentalité positive

Avant de lire ce texte, je tiens à préciser que je ne suis pas une spécialiste de l’éducation. Je suis simplement une mère qui fait de son mieux, qui se remet constamment en questions et qui lit beaucoup dans le but de devenir une meilleure version de moi-même.

En écrivant ces lignes, mon seul but est de partager mes dernières découvertes et, humblement, de contribuer à rendre le monde meilleur à ma façon. Pour moi, ce partage fait énormément de sens et j’espère que ça en fera pour vous.

Dernièrement, j’ai lu «Découvrir la parentalité positive» par Mitsiko Miller. Je croyais que j’allais simplement confirmer mon style d’intervention en lisant ce livre, puisque je pensais déjà connaître et appliquer la parentalité positive!

J’ai été surprise de réaliser que finalement, ma façon de gérer les conflits et les situations problématiques avec mes enfants étaient beaucoup moins adaptée que je le croyais! Depuis toujours, j’applique le principe des conséquences logiques avec mes enfants (mauvais comportement = conséquence en lien avec le comportement en question). J’ai toujours aussi reconnu les émotions à l’origine des mauvais comportements de mes enfants en leur donnant des alternatives pour les exprimer de façon acceptable (T’as le droit d’être en colère, mais pas de lancer des objets. Dis-le avec des mots!). Bref, j’agissais en réaction face aux comportements indésirables plutôt qu’en prévention.

Ce livre a révolutionné mon style parental. Je vous conseille vraiment de mettre la main dessus pour saisir tous les concepts de la parentalité positive, parce que je pensais les appliquer mais j’avais mal saisi plusieurs concepts. Voici ce que moi j’en retiens:

  • Les enfants ont fondamentalement l’intention de bien agir, mais sont en apprentissage et ils sont donc maladroits.
  • Ce qui est fondamental en parentalité, c’est de maintenir le lien d’attachement avec l’enfant. Toutes nos interventions doivent être axées sur notre relation avec lui. On doit absolument éviter la lutte de pouvoir.
  • Un comportement n’est qu’un symptôme. Si on agit uniquement sur le comportement à corriger, notre intervention est vouée à l’échec, puisqu’il faut trouver ce qui est à l’origine dudit comportement.
  • Mettre un enfant en retrait pour qu’il se calme, c’est la pire chose à faire selon l’auteur. Pour un enfant, il n’y a rien de plus violent que d’être rejeté par son parent et son instinct le plus profond est de maintenir le lien. C’est pourquoi il peut hurler, s’agripper, frapper, etc. lorsqu’on tente de l’isoler.
  • Chaque mauvais comportement naît d’une émotion, et cette émotion survient suite à un besoin brimé.

Quand on comprend ces grandes lignes, on en arrive à la conclusion qu’un comportement, aussi mauvais soit-il, n’est jamais LE problème sur lequel intervenir. On doit chercher ce qui se cache en-dessous pour que notre intervention soit efficace, porteuse de sens pour l’enfant et qu’elle prévienne les situations qui pourraient se produire dans le futur.

Par conséquent, lors d’un mauvais comportement, l’auteur propose de:

1- Accueillir l’enfant avec amour. Le but est de revenir au calme, et de lui montrer qu’on est là pour lui. Non, on n’est pas en train de le récompenser en lui faisant un câlin. On est en train de maintenir le lien et de lui prouver qu’il peut nous faire confiance pour le guider et se sentir mieux.

2- Résumer les faits (comportements) et identifier l’émotion qui en est à l’origine. Colère, tristesse, ennui etc.

3- Identifier le besoin brimé qui a fait naitre cette émotion: besoin d’attention, d’espace, de calme, de jouer, de dormir, de manger, etc.

4- Trouver des façons acceptables d’exprimer ce besoin. Idéalement, l’enfant doit trouver ses propres solutions, mais naturellement on peut le guider.

5- Geste réparateur. On revient sur le mauvais comportement et on décide d’un geste réparateur. Excuses sincères, dessin, etc.

Je vous entends d’ici me dire: Ok, c’est bien beau toute cette théorie-là, mais concrètement, ça ressemble à quoi une intervention?
Et bien, laissez-moi vous partager un événement banal survenu ce matin:

Contexte: Mon fils est bougon le matin. Comme sa mère (moi), il a besoin de tranquillité et de temps pour se réveiller et commencer sa journée du bon pieds. Ma fille, quant à elle, se réveille heureuse et enjouée, fait des pirouettes et jase SANS ARRÊT dès qu’elle ouvre les yeux. Sa joie de vivre est fabuleuse, mais franchement étourdissante quand on a encore les deux yeux dans la graisse de bine! Mon fils devient rapidement très irrité par cette agitation et, généralement, il répond bête et chiale sur sa soeur. Ce matin toutefois, j’ai trouvé sa cuillère pliée à 90 degrés! Il a dû user de beaucoup de force pour plier un objet en métal d’une telle épaisseur!

Normalement, mon intervention aurait été de lui dire qu’il avait le droit d’être en colère, mais qu’il n’avait pas d’affaire à briser des objets pour autant. Et je l’aurais envoyé à l’école avec cette même cuillère pour sa collation afin qu’il vive une «conséquence logique». Honnêtement, est-ce que ça aurait réglé le problème ou j’aurais seulement incité mon fils à se braquer un peu plus? Je penche pour la 2e option!

Voici donc comment j’ai appliqué mes nouvelles connaissances dans cette situation:

  • Je l’ai intercepté dans le couloir en lui montrant simplement la cuillère. Il m’a regardé, figé, en attendant que je le dispute. (étape 2: démontrer les faits)
  • Je lui ai dit sur un ton calme et affectueux: «Viens, on va aller dans ta chambre pour se jaser tranquillement» (étape 1: accueillir l’enfant avec amour)
    • Moi: «Je viens de trouver cette cuillère. Peux-tu m’expliquer pourquoi tu l’as pliée comme ça? Ça a dû te prendre pas mal de force, ça devait être une grosse émotion» (étape 2: démontrer les faits et rechercher l’émotion)
    • Fils: «j’étais fâché parce que ma soeur arrête pas de me parler tout le temps tout le temps tout le temps»
    • Moi: « Donc tu étais en colère parce que ta soeur ne te laissait pas tranquille et que tu avais besoin de calme pour te réveiller doucement?» (étape 3: identifier le besoin brimé)
    • Fils: «oui c’est ça»
    • Moi: «Sais-tu quoi? t’es comme ta mère! Moi aussi j’ai de la difficulté à me réveiller le matin et mon cerveau ne fonctionne pas fort avant d’avoir fini mon café! (un peu d’humour c’est toujours bon. Étape 1: accueillir l’enfant dans l’amour!) Mais penses-tu que ta soeur a compris qu’elle devait te laisser tranquille avec cette cuillère pliée? Est-ce ça t’a permis de régler ton problème et de te sentir mieux?»
    • Fils: «non»
    • Moi: « Hum, ça veut dire qu’on doit trouver une meilleure façon de faire comprendre ton besoin de calme. As-tu des suggestions?»
    • Fils: « Le dire avec des mots» (Étape 4: Trouver des façons acceptables d’exprimer le besoin)
    • Moi: «Ok, donne-moi un exemple de ce que tu pourrais dire, avec des mots, sur un ton calme, pour faire comprendre à ta soeur que tu as besoin de tranquillité»
    • Fils: «Soeur, je veux que tu arrêtes de me parler parce que je veux être dans le calme pour me réveiller»
    • Moi: «C’est parfait. Viens, on va aller lui parler ensemble. Comme ça, demain matin, si tu as besoin de calme, elle va se souvenir de cette conversation et tu auras juste à lui rappeler ton besoin.» (Étape 5: geste réparateur et prévention)

Nous sommes ensuite allés parler avec ma fille de l’incident de ce matin. J’ai insisté sur le fait que sa bonne humeur était parfaite, mais qu’elle devait également respecter le besoin de calme des autres. Qu’il était possible qu’à partir de maintenant, son frère lui demande de respecter son besoin de calme et qu’elle devrait alors cesser de lui parler et de le déranger afin qu’il soit plus disposé à jouer avec elle plus tard.

Et la cuillère? On s’en fout de la cuillère! Je l’ai forcé moi-même pour la remettre dans sa position normale et c’est fini, nul besoin d’en reparler. Si j’avais concentré mon intervention uniquement sur ce bout de métal, j’aurais mis mon fils sur la défensive et il se serait braqué contre moi. J’aurais raté une occasion de renforcir notre lien de confiance et je n’aurais pas été à l’écoute de ses besoins, lui non plus d’ailleurs!

Très franchement, cette intervention a pris moins de 10 minutes. Ce qui aurait facilement pu être un matin gâché est rapidement devenu un matin enjoué. J’ai été vraiment étonnée, et je ne suis que plus encouragée à poursuivre dans la voie proposée par ma dernière lecture!

Encore une fois, je précise que je ne suis pas une spécialiste de l’éducation et que je ne fais que partager une découverte qui fait énormément de sens pour moi. Je suis consciente que cette méthode peut ne pas être applicable en toute situation et loin de moi l’envie de juger qui que ce soit sur sa façon d’élever ses enfants. Aussi, je vous invite à lire ce livre (dont je n’ai aucun avantage à en faire la publicité, si ce n’est que le sentiment de répandre le Bien) pour en savoir plus sur la technique d’intervention proposée, ou à consulter un professionnel de l’éducation pour vous guider vers des pratiques de parentalité positives adaptées à votre réalité.